20 avril 2024, 17:15 PM

Les principales missions de l’aide humanitaire

 

Des millions de personnes ont besoin d’une assistance dans le monde en fonction de leur vulnérabilité. Celle-ci peut être causée par des conflits, des catastrophes naturelles, la pauvreté… L’aide humanitaire prend alors une place importante. Elle a pour objectif d’assurer assistance et protection à ces personnes vulnérables, et de répondre aux besoins des populations en difficulté. Découvrons les principales missions des organisations humanitaires.

L’aide d’urgence fournie par les missions humanitaires

Il existe un dispositif de riposte immédiat face aux catastrophes naturelles et aux situations de conflits. L’aide humanitaire offre des secours vitaux aux personnes touchées par différents fléaux. Il s’agit notamment de la distribution de kits (hygiène, potabilisation de l’eau, construction d’abris…) et de la mise en place de structures d’urgence comme les latrines ou les réservoirs d’eau potable.

Mise en place de programmes RRM

Le dispositif RRM (mécanisme de réponse rapide) a pour objectif de contribuer de manière spontanée à l’amélioration des conditions de vie des personnes victimes d’un conflit ou d’une catastrophe naturelle. Il propose à la coordination humanitaire un outil spécifique et harmonisé pour mettre en œuvre une réponse à partir de l’alerte jusqu’à l’intervention. Le RRM est basé sur un système de veille humanitaire et d’évaluations. Il propose aussi de nombreuses réponses multisectorielles aux populations les plus gravement affectées par un choc.

Le mécanisme de réponse est enclenché après l’analyse du contexte et la priorisation des besoins, notamment en situation de crise aiguë soudaine et non cyclique. En effet, il n’est déclenché qu’en cas de catastrophe naturelle d’une ampleur importante comme une inondation, une coulée de boue, un tremblement de terre, une sécheresse… Le RRM est aussi déclenché en cas de déplacement de population causé par un conflit, après une analyse du contexte et de l’impact sur la vulnérabilité.

La création de cordons sanitaires en cas d’épidémie

L’aide humanitaire accorde une attention particulière aux flambées épidémiques. Des mesures sont prises pour les contenir au maximum et adapter des réponses d’urgence en eau, assainissement et hygiène à travers la chloration de points d’eau et la sensibilisation à l’hygiène. Il y a également un grand soutien apporté aux centres de santé et aux équipes médicales, comme ce fut le cas en Sierra Leone dans la lutte contre le virus Ebola.

De nombreuses interventions urgentes sont effectuées en cas d’alerte. Un système de veille humanitaire est mis en place dans un délai restreint pour répondre aux crises les plus graves. Grâce à une analyse du contexte, le RRM déploie une équipe d’évaluation pour faciliter la prise de décision d’intervention urgente.

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L’accès à l’éducation fourni aux réfugiés

Face à la problématique de l’éducation des réfugiés, de nombreuses actions humanitaires sont menées dans ce domaine.

État des lieux de l’éducation des réfugiés

En fin d’année 2019, le nombre de personnes ayant fait l’objet de déplacements forcés est estimé à 79,5 millions, ce qui représente 1 % de la population mondiale. Parmi ces déplacés figuraient 26 millions de réfugiés, dont 13 millions ayant moins de 18 ans. Ces enfants se retrouvent dans des situations de crises prolongées, passant souvent une partie importante ou parfois la totalité de leur scolarité loin de leur foyer.

Il est alors essentiel de permettre à ces réfugiés mineurs de renouer avec leurs études et de bénéficier d’un enseignement de qualité. L’éducation peut en effet contribuer à dépasser les traumatismes créés par les conflits et les déplacements forcés. Elle peut favoriser les mécanismes d’adaptation et donner une sensation de stabilité.

Les actions menées dans le domaine de l’éducation des réfugiés

L’éducation des réfugiés nécessite des efforts concertés. Dans l’enseignement supérieur par exemple, on constate l’amélioration des possibilités d’accès à l’éducation pour les réfugiés. Cela a été possible grâce à l’élargissement des bourses scolaires et du financement pour les étudiants qui ont déjà commencé leurs études supérieures. De plus, la scolarisation des migrants a été facilitée grâce à des actions humanitaires qui ont contribué à la réouverture d’écoles.

En effet, l’éducation des jeunes réfugiés dans les pays d’accueil à revenu faible et intermédiaire représente un coût moyen annuel de 4,8 milliards de dollars. Selon une étude, le coût de l’éducation des réfugiés est inférieur à 1 % des dépenses publiques annuelles pour l’enseignement primaire et secondaire. Cependant, les défis diffèrent selon les pays. Quelques-uns présentent des valeurs extrêmes (61 % au Soudan du Sud, 58 % au Liban, 16 % en Jordanie).

Cela reflète les afflux importants de réfugiés et/ou les faibles dépenses publiques en matière d’éducation. Les pays d’accueil doivent donc renforcer leurs capacités à élaborer et mettre en place des plans éducatifs nationaux efficaces et inclusifs. Les besoins particuliers des autorités locales qui doivent gérer les afflux de réfugiés doivent être pris en compte pour améliorer davantage l’accès de ces derniers à l’éducation.

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Un accès aux soins et à l’hygiène grâce à l’aide humanitaire

L’OMS travaille dans le monde entier pour permettre aux réfugiés et aux migrants de bénéficier du droit à la santé pour parvenir à une couverture sanitaire universelle. Avec le programme santé et migrations, l’OMS joue le rôle de chef de file sur le plan mondial. En collaboration avec les bureaux régionaux et nationaux, elle mène une action de plaidoyer, coordonne et fournit des politiques en matière de santé et de migration.

Elle fixe également les normes et les critères qui permettent de soutenir la prise de décision en suivant les tendances. L’organisation renforce aussi les systèmes d’information sanitaire et promeut les outils ainsi que les stratégies adéquats. L’OMS apporte une assistance technique et assure le renforcement des capacités pour résoudre les problèmes de santé publique. Elle favorise également l’action multilatérale et la collaboration internationale avec d’autres organismes des Nations Unies.

Elle coopère avec les États pour mettre en place des systèmes de santé solide soutenus par un personnel bien formé. Les soignants sont dotés d’une sensibilité culturelle. Ils tiennent compte des besoins des réfugiés et des migrants, de leurs langues et des problèmes qui leur sont propres. Dans ce sens, les efforts sont appréciables et facilitent un accès souple aux soins et à l’hygiène des personnes déplacées.

Les missions humanitaires veillent au respect des droits des personnes apatrides

Dans de nombreux pays, les apatrides vivent en marge de la société et sont dépourvus de documents d’identité. Cela rend difficile la compréhension de leur situation. Le HCR (Agence des Nations Unies pour les réfugiés) coopère avec les gouvernements et les autres organisations du système des Nations Unies pour avoir des statistiques et mieux comprendre les difficultés de ces personnes. Il apporte aussi son soutien pendant les recensements de population par exemple. Après l’obtention des chiffres, le HCR analyse les lois en vigueur pour identifier les lacunes ayant conduit à l’apatridie.

Il étudie ainsi la situation des personnes qui n’ont pas de nationalité. Dans la quête d’informations justes, le HCR s’entretient avec des personnes apatrides sur leur situation. Cela permet à l’organisme d’améliorer la recherche d’approches de solutions. L’identification permet de faire une prévention (identification de lacunes dans la législation) et d’évaluer les solutions possibles. Elle permet aussi de mieux cerner les problèmes de droits de l’homme auxquels les apatrides sont confrontés et d’y apporter une réponse adéquate.

L’une des principales missions de l’aide humanitaire : la sécurité alimentaire

La sécurité alimentaire est réelle quand on a tous la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive. Cet idéal est difficile à atteindre malgré les efforts. C’est pour cela que les missions de l’aide humanitaire s’activent davantage pour apporter une réponse aux problèmes de famine et de malnutrition dans le monde. L’assistance alimentaire humanitaire est primordiale. Elle peut servir à protéger les moyens de subsistance d’une population affectée par une crise.

Elle permet d’empêcher ou d’inverser les mécanismes d’adaptation négatifs (comme la vente de moyens de production ou l’accumulation de dettes) qui peuvent avoir de sérieuses conséquences. Le Programme alimentaire mondial (PAM) est la première organisation humanitaire mondiale de lutte contre la faim. Il fournit une aide alimentaire dans les situations d’urgence. À travers ses démembrements, il travaille avec les communautés pour améliorer la nutrition et renforcer la résilience. Selon les chiffres officiels, 97 millions de personnes ont reçu des aides alimentaires dans environ 88 pays en 2019.

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Une possibilité d’avenir professionnelle pour les réfugiés

De nombreux migrants éprouvent de grandes difficultés à s’insérer dans leur pays d’accueil. Diverses raisons peuvent justifier cela. Il peut s’agir du manque de formation, de la non-maîtrise de la langue du pays, etc. Pour permettre aux réfugiés de sortir de leur isolation et de leur inertie, il est important de créer un lien entre les habitants et les exilés en les impliquant activement dans les rencontres, les activités festives, sportives, culturelles…

Il faut aussi mettre en place des programmes de formation et de reconversion professionnelle pour leur permettre de construire une nouvelle vie dans le pays d’accueil. Pour faciliter l’avenir professionnel des réfugiés, il est nécessaire de leur apporter un soutien dans la compréhension de la société d’accueil (institutions, citoyenneté…). Cela contribue au vivre-ensemble. Les organismes d’aide humanitaire soutiennent les initiatives-pilotes et les démarches innovantes pour répondre à ces besoins, notamment dans le domaine de l’accès à l’emploi pour les réfugiés.