31 juillet 2026, 09:26 AM

Chaussures de sécurité conformes à la norme en ISO 20345 : 2022 : comment bien choisir ?

Chaussures de sécurité conformes à la norme en ISO 20345 : 2022 : comment bien choisir ?
Sommaire

Les chaussures de sécurité jouent un rôle déterminant dans la prévention des accidents sur le lieu de travail, notamment dans les secteurs exposés à de nombreux risques physiques. La récente mise à jour de la norme en ISO 20345 : 2022 met en avant l’importance d’une conformité rigoureuse aux exigences de sécurité modernes. Choisir des chaussures réellement adaptées ne se limite pas à leur apparence ou à leur coût : il s’agit de comprendre précisément les critères techniques, les différentes classes de protection, ainsi que les usages spécifiques liés à chaque environnement de travail.

Qu’apporte la norme en ISO 20345 : 2022 par rapport aux anciennes versions ?

La norme en iso 20345 encadre la conception et la performance des chaussures de sécurité commercialisées en Europe. L’édition 2022 introduit plusieurs évolutions majeures pour mieux tenir compte de la diversité des postes et des contraintes professionnelles rencontrées. Cette révision vise à renforcer la pertinence des équipements de protection individuelle face aux nouveaux risques identifiés ces dernières années.

Le texte actualisé distingue de façon plus détaillée les besoins en matière de résistance à l’eau, d’antidérapance et d’absorption d’énergie au talon. Des essais supplémentaires ont été intégrés pour couvrir des situations critiques, telles que l’exposition prolongée à certains hydrocarbures ou substances chimiques. Cette évolution rend indispensable une analyse fine des performances nominales afin d’éviter un mauvais choix de modèle, qui pourrait compromettre la sécurité du poste occupé. Pour ceux qui recherchent une conformité optimale, il existe une gamme de produits qui répond à la norme en ISO 20345

Comprendre le marquage ce et la conformité aux normes

La présence du marquage ce est obligatoire pour la commercialisation des chaussures de sécurité, mais ce sigle seul ne garantit pas une protection adaptée à tous les contextes. Il atteste uniquement que le produit satisfait aux exigences essentielles des directives européennes, après un processus d’évaluation incluant certains tests définis par la norme en iso 20345. Seule une lecture attentive des symboles complémentaires permet d’apprécier avec précision le niveau de conformité pour chaque critère de sécurité.

Pour garantir une véritable conformité aux normes, il est crucial de vérifier la présence non seulement du marquage CE, mais aussi de la mention explicite de la norme en iso 20345:2022 sur l’étiquette intérieure ou la notice technique. Le numéro du laboratoire agréé ayant réalisé les tests doit être indiqué, assurant ainsi la traçabilité et la fiabilité du contrôle qualité appliqué lors de la production.

Comment interpréter les classes de protection : s1, s2, s3, s4, s5, s6, s7 ?

Les classes de protection désignent les différents niveaux de performances en fonction des risques professionnels ciblés. Le code S suivi d’un chiffre (S1 à S7) synthétise les protections offertes, permettant de cibler rapidement un usage conforme à chaque secteur d’activité.

  • S1 : adapté aux milieux secs ; inclut embout anti-chocs, absorption d’énergie au talon, semelle antistatique, sans garantie de résistance à l’eau.
  • S2 : reprend les caractéristiques S1 et ajoute la résistance à la pénétration de l’eau, utile en zones humides hors immersion totale.
  • S3 : complète le niveau S2 avec une semelle anti-perforation et une semelle extérieure crantée, renforçant l’accroche et la robustesse sur sols accidentés ou boueux.
  • S4 : dédiée aux environnements industriels humides, entièrement imperméable grâce à un matériau polymère moulé, avec absorption d’énergie au talon.
  • S5 : ajoute à S4 la résistance à la perforation et une semelle à crampons prononcés, idéale pour les travaux extérieurs ou conditions extrêmes.
  • S6 et S7 : nouvelles catégories issues de la révision 2022 ; elles renforcent la résistance à l’eau (imperméabilité totale pour S7), l’absorption d’énergie, et peuvent intégrer des critères supplémentaires selon les spécificités du site.

Le choix de la classe dépend directement de l’environnement de travail : ateliers secs (S1), manutention en milieu semi-humide (S2 ou S3), BTP et espaces extérieurs exposés (S3 à S7). Une mauvaise compréhension de cette nomenclature peut entraîner des erreurs de sélection et augmenter le risque d’accident.

Quels points techniques observer pour sélectionner ses chaussures de sécurité ?

La protection contre les chocs et les écrasements

Tout modèle conforme à la norme en iso 20345 assure une protection contre les chocs équivalente à la chute d’une masse de 20 kilogrammes depuis 1 mètre de haut. Ce niveau de sécurité repose sur l’embout rigide à l’avant du pied, traditionnellement en acier mais désormais souvent proposé en composite plus léger. Selon le type de chantier, la forme anatomique ou élargie de cet embout peut réduire la fatigue lors de déplacements répétés.

Dans les métiers où le transport de charges lourdes ou la manipulation d’objets volumineux sont fréquents, une bonne absorption d’énergie au talon limite l’impact cumulé sur les articulations. Il est donc essentiel de consulter la fiche technique pour vérifier la capacité d’absorption, généralement exprimée en joules.

La semelle antidérapante et la résistance à la perforation

Une semelle antidérapante répond à des exigences précises de la norme en iso 20345, garantissant l’adhérence sur sols lisses, gras ou irréguliers. Les indices SR, SRA, SRB attestent de tests réalisés sur carrelage humide, acier huilé ou autres surfaces représentatives. L’innovation dans les matériaux et la conception des semelles améliore l’évacuation des liquides tout en optimisant la tenue sur terrain difficile.

La résistance à la perforation concerne en priorité les utilisateurs actifs sur chantiers, décharges ou sites industriels à risques. Une plaque intégrée sous la semelle empêche la pénétration d’objets pointus exerçant jusqu’à 1100 newtons de pression. Certains modèles utilisent une barrière textile souple, qui accroît la flexibilité sans sacrifier la robustesse.

Imperméabilité et respirabilité

La résistance à l’eau devient une exigence dès la classe S2, mais elle n’implique pas systématiquement une imperméabilité totale. Pour affronter des projections abondantes ou des immersions, il faut opter pour des modèles S4, S5 ou S7, conçus avec des structures polymères soudées empêchant toute infiltration. Toutefois, l’imperméabilité ne doit jamais nuire à la respirabilité, sous peine de provoquer inconfort, macérations et ampoules.

Les fabricants recourent aujourd’hui à des membranes techniques, comme les microfibres, alliant étanchéité et évacuation rapide de la vapeur d’eau. Cette combinaison garantit un confort durable, y compris lors d’une utilisation intensive sur une journée entière.

Comment adapter le choix des chaussures de sécurité à chaque environnement de travail ?

chaussure de sécurité

Industrie, logistique et ateliers secs

Dans l’industrie, la logistique ou les ateliers faiblement exposés à l’humidité, il est primordial de privilégier la légèreté et le maintien du pied pour favoriser la station debout prolongée. Les chaussures de sécurité S1 ou S2 offrent alors mobilité et confort, tout en fournissant le niveau de sécurité requis face aux chutes d’objets.

L’absence de contrainte hydrique permet l’utilisation de tissus aérés et d’embouts composites, réduisant ainsi la charge supportée quotidiennement. Les semelles doivent toutefois rester performantes face aux huiles ou solvants ; un essai préalable sur site est recommandé avant de valider définitivement un modèle.

BTP, interventions extérieures et environnements humides

Sur les chantiers du bâtiment, les risques concernent la perforation de la semelle, l’écrasement massif et les projections de débris. Seules les chaussures de sécurité S3, S5 ou S7 apportent une protection complète adaptée au terrain. Leur imperméabilité peut s’accompagner d’une isolation thermique précieuse durant les travaux hivernaux.

Lors de la maintenance de réseaux ou d’interventions agricoles, la profondeur d’eau anticipée oriente vers des bottes S4 ou S5, offrant une protection contre l’humidité sur de longues durées. Attention cependant au poids accru de ces modèles, pouvant devenir gênant si la mobilité rapide reste une nécessité.

Critères annexes mais indispensables lors du choix final

Deux aspects souvent négligés sont pourtant essentiels : le choix de la taille et la compatibilité avec les équipements de protection individuelle associés (guêtres, gants, vêtements spéciaux). Une taille inadaptée augmente le risque de blessures internes, de chutes ou de fatigue excessive, tandis qu’un mauvais ajustement complique la coordination des gestes.

Certains secteurs imposent également des propriétés électrostatiques, une protection thermique ou une conductivité contrôlée pour intervenir à proximité d’équipements sous tension. Ces critères apparaissent via des pictogrammes complémentaires sur la documentation fabricant, qu’il convient d’examiner attentivement avant l’achat.

  • Lisez toujours attentivement la fiche technique et comparez plusieurs modèles référencés.
  • N’hésitez pas à essayer différentes pointures pendant les périodes de forte activité pour retenir celle qui conviendra au port prolongé.
  • Demandez conseil à votre service hygiène ou sécurité interne, qui pourra recommander des marques ou designs adaptés à vos conditions réelles.
  • Pensez à renouveler régulièrement les chaussures usagées : la perte d’efficacité survient souvent bien avant l’apparition d’une usure visible, diminuant nettement la sécurité globale.

Vers une personnalisation croissante des chaussures de sécurité ?

La complexification des environnements de travail conduit à une individualisation croissante des solutions d’équipement. Les fabricants proposent désormais, grâce à des assemblages modulaires, des modèles personnalisables combinant diverses propriétés : insertions orthopédiques, coques amovibles, ou matériaux recyclés dans une démarche écoresponsable.

Cette tendance accompagne la recherche accrue de bien-être au travail et de prévention des troubles musculo-squelettiques. Aucun standard universel ne remplace une analyse approfondie des besoins de terrain, doublée d’une veille continue sur les innovations normatives et techniques. Prendre le temps de définir précisément ses attentes demeure le levier principal d’une sécurité optimale, durable et compatible avec la diversité actuelle des pratiques professionnelles.